CHAPITRE 2 : INFORMATIONS GENERALES DU PAYS

CHAPITRE 2 : INFORMATIONS GÉNÉRALES DU PAYS

2.1 Présentation de la situation générale actuelle

2.1.1 Caractéristiques physiques

La République de Guinée est un pays côtier qui est situé dans la partie occidentale du continent africain, à mi-chemin entre l’équateur et le tropique du cancer, entre 7° et 12° de latitude nord et 8° et 15° de longitude ouest. Sa superficie totale est de 245 857 km2. Elle est limitée :
– A l’ouest par l’océan atlantique et la Guinée Bissau,
– Au nord par le Sénégal et le Mali,
– A l’est par la Côte d’ivoire,
– Au sud par le Liberia et la Sierra Leone.
Du point de vue géo écologique, la Guinée est composée de 4 régions naturelles assez bien distinctes et intérieurement homogènes qui sont : la Basse Guinée, la Moyenne Guinée, la Haute Guinée et la Guinée Forestière. Le pays doit cette originalité à son milieu naturel qui se caractérise par des contrastes climatiques, des barrières montagneuses et l’orientation des reliefs qui se combinent pour donner à chaque région des particularités du point de vue climat, sols, végétation et mode de vie des populations.

2.1.2 Caractéristiques démographiques

Contrairement à l’annuaire 2011, les effectifs de populations utilisés pour le calcul des indicateurs de cet annuaire sont ceux issus des rétroprojections du RGPH 2014. En effet, l’Institut National de la Statistique a réalisé en 2014 le troisième Recensement Général de la Population et de l’Habitation (RGPH-3). Selon les résultats provisoires du RGPH3 la population résidente en Guinée est de 10 628 972 entre le 01 mars et 02 avril 2014. L’INS a utilisé les données des Recensements Généraux de la Population et de l’Habitat de 1996 (RGPH-2) et de 2014 (RGPH-3) pour calculer les taux d’accroissement des populations par préfecture afin de corriger ceux utilisés dans l’annuaire 2011.
Rappelons que le taux projection utilisé dans l’annuaire 2011 a été calculé sur la base des données du premier Recensement en 1983 (RGPH-1) et celui du deuxième Recensement réalisé en 1996(RGPH-2) avec un taux de croissance démographique de 3,1%par an. Pour les besoin de planification, l’INS a utilisé ce taux de croissance pour projeter la population résidente en Guinée de 1996 à 2010. Ces projections ont été faites sur la base des hypothèses de natalité, de mortalité et surtout de migration. L’hypothèse retenue pour la migration est que le solde migratoire est nul entre 1996 et 2010, ce qui est difficilement soutenable. Pour corriger les limites de ces projections, l’INS s’est basé sur les données du recensement de 1996 et de 2014 pour calculer les nouveaux taux de croissance démographique par préfecture et le niveau national (tableau 4). Ce sont ces taux d’accroissement que nous allons utiliser dans cet annuaire 2013 pour calculer les populations. Au niveau national, le taux de croissance trouvé est de 2,1% par an contre 3,1% utilisé dans l’annuaire 2011.
En 2013, la population totale de la Guinée est estimée à 10.280.304 habitants et la densité moyenne pour l’ensemble du pays est de 41,8 habitants au km² (RGPH 3, 2014).
La Guinée est un pays à forte natalité et à fécondité élevée, caractérisée par des maternités précoces, tardives et une proportion importante de femmes en âge de procréer. Le taux brut de natalité est estimé à 39,7 ‰ (RGPH 1996) et l’indice synthétique de fécondité à 5,1 enfants par femme (EDSIV, 2012). Le retard économique, les normes sociales et culturelles, l’insuffisance d’informations sur les méthodes de régulation des naissances ainsi que des infrastructures sociales favorisent cette descendance élevée :
Selon l’EDS 2012, le taux de mortalité Infanto-Juvénile est de 123 pour mille et le taux mortalité maternelle est de 724 pour 100 mille naissances vivantes (EDS, 2005). En définitive, avec un taux d’accroissement naturel de 2,2 % (RGPH 2014), l’effectif de la population guinéenne doublera tous les trente-deux ans.
Les résultats de l’enquête sur l’urbanisation et les migrations en Afrique de l’Ouest (REMUO, 1993) indiquent qu’en Guinée la population de 15 ans et plus à un taux de croissance migratoire international négatif (0,09%). S’agissant des migrations internes, l’enquête indique que les taux nets ne sont positifs qu’à Conakry et en Haute Guinée. Ces deux régions ont respectivement un taux net de migration de 1,42% et de 0,15%. Les résultats de l’enquête confirment donc toute l’ampleur de l’immigration à Conakry et de l’émigration en Moyenne Guinée

Structure de la population par tranche d’âges et par district sanitaire

 

Populations cibles des programmes de santé par district sanitaire

 

2.1.3 Caractéristiques économiques

Depuis 1984, la Guinée s’est engagée dans un processus de transition d’une économie planifiée vers une économie de marché. Son économie est dominée par le secteur rural et le secteur minier qui contribuent respectivement pour 18 % et 19 % au PIB. Le secteur rural assure l’emploi et les moyens de subsistance à la majorité de la population. Le sous-sol renferme d’immenses potentialités minières (bauxite, or, diamant et fer). D’importants efforts ont été réalisés ces dernières années dans le domaine des réformes économiques et de la réduction des déséquilibres internes et externes. Ces réformes ont permis de stabiliser les agrégats macroéconomiques et de répondre à une partie de la demande sociale notamment dans les domaines de l’éducation et de la santé.

2.2 Description du système de santé actuel

Le système de santé en République de Guinée est quasiment basé sur le découpage administratif du pays, en 8 régions, 38 Préfectures sanitaires, 334 communes rurales et 38 Communes urbaines. Ainsi, les préfectures sanitaires sont logées dans les Régions Administratives.

2.2.1 Mission et organisation des services de santé

Le Ministère de la santé comprend trois niveaux dans sa structuration administrative :
– le niveau central qui comprend les directions et structures centrales organisées autour du Cabinet du Ministre et du Secrétariat général ;
– le niveau intermédiaire qui comprend les directions régionales de la santé (au nombre de 8) ;
– le niveau périphérique qui est représenté par les préfectures sanitaires, entités opérationnelles les plus décentralisées du système national de santé (au nombre de 33 préfectures et 05 communes à Conakry).

2.2.2 Système National d’Information Sanitaire (SNIS)

Le Système National d’Information Sanitaire (SNIS) est un système organisé, avec des procédures, composé de personnes formées, du matériels, d’équipements, de structures et des instances dont le but est de fournir, en temps opportun et sous la forme appropriée, les informations nécessaires et utiles à la gestion, à l’évaluation des programmes sanitaires, à la prise de décision, à la planification de tous les niveaux du système de santé, ainsi que pour les échanges nationaux et internationaux
Le Bureau de Stratégie et de Développement (BSD) du Ministère de la Santé est la structure technique chargée des Statistiques et Informations Sanitaires (SIS) à travers sa Division Information Sanitaire et Recherche qui a pour rôle de :
– coordonner, centraliser, analyser, actualiser, conserver et diffuser l’information sanitaire ;
– concevoir des procédures, des mécanismes uniformes de notification, d’enregistrement et d’utilisation des données;
– concourir à l’accomplissement des obligations tant nationales qu’internationales en matière d’information sanitaire.
Son fonctionnement consiste essentiellement à assurer la collecte, le traitement et l’analyse des données sur les problèmes de santé de la population, les activités d’utilisation des services et les ressources du système de santé.
Le circuit de l’information est fonction de la position de chaque structure au sein de la pyramide sanitaire du pays est organisé comme suit :
 Schéma du circuit de l’information sanitaire

2.2.3 Structuration administrative de la santé

Le système de santé en République de Guinée est quasiment basé sur le découpage administratif du pays, en 8 régions, 38 Préfectures sanitaires, 336 communes rurales et 38 Communes urbaines. Ainsi, les préfectures sanitaires sont logées dans les Régions Administratives.
Le Ministère de la santé comprend trois niveaux dans sa structuration administrative :
– le niveau central qui comprend les directions et structures centrales organisées autour du Cabinet du Ministre et du Secrétariat général ;
– le niveau intermédiaire qui comprend les directions régionales de la santé (au nombre de 8) ;
– le niveau périphérique qui est représenté par les préfectures sanitaires, entités opérationnelles les plus décentralisées du système national de santé (au nombre de 33 préfectures et 05 communes à Conakry).

2.2.4 Organisation et fonctionnement des structures de soins

Les structures publiques de soins sont organisées en trois niveaux qui assurent des soins primaires, secondaires et tertiaires.
– Le premier niveau est représenté par le District sanitaire. Il comprend les échelons :
– Le premier échelon de soins est le Poste et Centre de santé (CS)/CSA qui sont les structures sanitaires de base du système de santé. Leur nombre est de 408 CS et 726 PS en 2013
– Le deuxième niveau est représenté par l’hôpital préfectoral /CMC et les hôpitaux régionaux qui font office de préfectoral dans les préfectures de situation ; ils servent de référence pour les formations sanitaires de la préfecture et des communes. Il en existe 42 en 2013,
– Le troisième niveau est constitué par les Hôpitaux nationaux au nombre de 02 Il est le niveau de référence le plus élevé pour les soins spécialisés. Il s’agit des hôpitaux nationaux (de DONKA et Ignace Deen.).
En plus des structures publiques, la Guinée compte un nombre important de structures privées, structures de l’armée et de tradi-thérapeutes avec la reconnaissance de l’importance de la médecine traditionnelle par le Ministère de la santé.