Enquête Vaccin Ebola Guinée 2015

Résumé
Introduction : En 2014-2016, une épidémie de virus Ebola a dévasté la Guinée ; plus de 3 800 cas et 2 500 décès ont été signalés à l’Organisation Mondiale de la Santé. En août 2015, alors que l’épidémie déclinait et que les essais cliniques d’un vaccin expérimental contre le virus Ebola se poursuivaient en Guinée et en Sierra Leone, nous avons mené une enquête nationale sur les connaissances, les attitudes et les pratiques (CAP) liées à Ebola et sur les opinions concernant les vaccins « hypothétiques » contre Ebola.
Méthodes : À l’aide d’une méthode de randomisation par grappes, nous avons procédé à la sélection de participants âgés de 15 ans et plus à travers les huit régions administratives de la Guinée présentant des nombres de cas cumulés disparates. Le questionnaire a évalué les caractéristiques socio-démographiques, les expériences pendant l’épidémie, les CAP liées au virus Ebola, et les attitudes face au vaccin contre Ebola. Afin d’évaluer l’introduction potentielle d’un vaccin contre le virus Ebola en Guinée, nous avons examiné le lien entre les attitudes face aux vaccins et les caractéristiques des participants, en nous appuyant sur des analyses catégorielles et multivariables.
Résultats : Sur les 6 699 personnes invitées à participer, 94 % ont répondu à au moins 1 question sur le vaccin contre Ebola. La plupart d’entre elles étaient d’accord sur la nécessité de disposer de vaccins pour lutter contre l’épidémie (85,8 %) et ont confirmé que leurs familles accepteraient des vaccins sûrs et efficaces contre Ebola s’ils devenaient disponibles en Guinée (84,2 %). Ces signes d’intérêt et d’acceptabilité étaient plus répandus chez les participants masculins, plus aisés financièrement, plus éduqués et qui vivaient avec des enfants ayant bénéficié des vaccins pédiatriques de routine. Les niveaux d’intérêt et d’acceptabilité étaient également significativement plus élevés chez les participants qui comprenaient les modes de transmission du virus Ebola, qui avaient constaté le travail des équipes d’intervention face au virus, qui connaissaient des personnes atteintes d’Ebola, qui pensaient que Ebola n’est pas forcément une maladie mortelle et qui avaient accès à des centres de traitement d’Ebola. Dans les analyses multivariables de la majorité des participants vivant avec des enfants en bas âge, l’intérêt et l’acceptabilité étaient significativement plus élevés chez ceux qui vivaient avec des enfants vaccinés par rapport à ceux dont les enfants ne l’étaient pas.

Discussion : Le taux d’acceptation élevé des hypothétiques vaccins contre Ebola pour cet échantillon très divers sur le plan géographique indique un fort potentiel d’utilisation des vaccins en Guinée. Les stratégies visant à renforcer la confiance du public envers l’utilisation des vaccins contre le virus Ebola doivent mettre en lumière les similitudes avec les vaccins sûrs et efficaces couramment utilisés en Guinée.

Pièces jointes