Organisée par le Centre national de formation et de recherche en santé rurale (CNFRSR de Mafèrinya), cette rencontre qui mobilise des cadres du Ministère de la Santé et de l’Hygiène Publique, de l’Université des Sciences, des Techniques et des Technologies de Bamako, de Barcelone Institue for Global Health, de London school of Hygiene and Tropical Medecine et de l’Université Radboud de Pays-Bas, s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre des recommandations de l’OMS en 2023 invitant les Etats à intensifier leurs efforts de recherche afin d’accélérer l’introduction de vaccins contre le paludisme dans les stratégies nationales de lutte contre le paludisme.
Selon le principal investigateur du projet en Guinée, également Directeur du CNFRSR de Mafèrinya, ce projet consiste à coupler la vaccination antipaludique à la chimio prévention du paludisme. « Cela n’a pas été encore évalué sur le terrain. Ces études n’ont été réalisées que sur le plan scientifique. Maintenant, nous voulons évaluer sur le plan pratique l’introduction de ces vaccins dans nos systèmes nationaux de lutte contre le paludisme. Cette étude est très attendue. Elle va servir de levier pour avoir une meilleure stratégie d’introduction de ces vaccins dans la prévention du paludisme », a indiqué d’entrée Dr Abdoul Habib BEAVOGUI, avant de souligner que le vaccin a été évalué dans trois pays africains, à savoir : le Kenya, le Malawi et le Ghana. « Plus de 4 500 000 doses ont été administrées aux enfants de moins de 5 ans et à plus de 1,5 millions d’enfants. Cette étude préliminaire a démontré que la vaccination prévient au moins 32% du paludisme simple et du paludisme grave. Quant à la chimioprévention du paludisme saisonnière, cette stratégie a montré une efficacité d’au moins 75% pour prévenir les cas du paludisme simple et grave », a-t-il ajouté.
Le Chef du projet SMV Delivery et le principal investigateur du projet au Mali, ont, à tour de rôle, rappelé l’importance de ce projet. Pr Matthew McCALL et Pr Issaka SAGARA soutiennent que la vaccination est une composante clé pour lutter contre les maladies infectieuses dont le paludisme.
Saluant la tenue de cette rencontre à Conakry, le Ministre de la Santé et de l’Hygiène Publique a rappelé qu’en Guinée, le paludisme est le premier problème de santé publique dans le pays, de par sa morbidité et sa mortalité. « Les données disponibles attestent que, pour toutes les tranches d’âges confondus, le paludisme représente la première cause de consultation dans les formations sanitaires publiques. Selon l’EDS-MICS 2012 et le MICS-PALU 2016, la prévalence parasitaire a baissé de 44% à 15% en Guinée soit une baisse de 65%. Ainsi, dans le Plan Stratégique National (PSN) 2023 à 2027 de lutte contre le paludisme, la recherche-action constitue une composante essentielle afin de permettre à notre pays de réduire considérablement l’incidence du paludisme en tant problème de santé publique », a fait savoir Dr Oumar Diouhé BAH, tout en félicitant l’ensemble des participants pour la coopération en matière de recherche et d’innovations scientifiques. « D’ores et déjà, je pu vous assurer de l’engagement et du soutien du gouvernement de la République en faveur de ce projet dans le cadre de la lutte contre le paludisme et l’amélioration de la santé et du bien-être de nos populations », a déclaré le Ministre de la Santé et de l’Hygiène Publique.
Il faut noter, par ailleurs, que dans l’après-midi de ce jeudi 16 janvier 2025, Dr Oumar Diouhé BAH a aussi pris part à la cérémonie d’ouverture du 2ème congrès 2025 de la société Guinéenne de Néphrologie. Organisée sous le thème ‘’La Santé Rénale de la Mère et de l’Enfant’’, cette rencontre de deux jours réunit des acteurs venus de plusieurs pays d’Afrique et du monde.
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